26 novembre 2009

Un Net prop’, prop’, propre!

Il est à propos et approprié ces derniers temps de se pencher sur la question de la « political correctness » sur le web, particulièrement celle des individus, et plus ils sont des figures publiques, plus ils méritent de se poser la question, pour le meilleur et pour le pire.

Le web qui lave plus blanc est en effet au goût du jour, et certains y gagnent plus que d’autres. Dans l’actualité canadienne ces jours-ci, la conjointe de Stéphane Dion, ex-chef du parti Libéral du Canada, aurait gagné à se souvenir que, s’il est vrai que les murs ont des oreilles et qu’il ne faut se fier à personne, c’est encore plus vrai sur le web 2.0, où le partage d’information et la porosité des communications peuvent couler rapidement quiconque dit le vrai fond de sa pensée…

Il est quand même cynique qu’il faille à ce point s’auto-censurer, mesurer ses paroles et assumer chaque ligne dans un univers qui, à ses débuts il y a environ 15 ans, était le royaume des doubles identités, des masques qu’on mettait pour être quelqu’un d’autre et exprimer nos parts d’ombres…

Les « nettoyeurs du net », comme on les nomme dans ce texte du journal Le Monde, sont payés pour retrouver les traces de votre vie virtuelle pas si nette. À l’aide de leur armada de sites soi-disant indépendants, vous aurez un référencement Google immaculé! En effet, qui s’occupe d’aller lire les résultats au delà de la 5e page…?

Protéger sa vie privée est une chose, faire cacher des faits incriminants au nom de la propreté d’une réputation, c’est ouvrir une porte sans doute difficile à refermer, à l’époque ou chacun peut se considérer journaliste ou enquêteur amateur, mais où de moins en moins de gens savent critiquer les sources.

Vos états d’âme, candides et honnêtes pourraient vous bondir au visage, les photos dont vous n’êtes déjà pas fiers peuvent se retrouver sur tous les écrans. En France, une dame a fait appel à ce type de service quand son fils a découvert un film porno d’elle datant des années 1980! Je ne vous parle pas non plus des artistes qui mettent leurs productions vidéos sur YouTube et qui retrouvent ensuite leurs créations repiquées ailleurs...

Il y a beaucoup de choses à dire sur ce phénomène et je sens que j’y reviendrai. Atteinte à la vie privée, vol, censure abusive et règne absolutiste de la rectitude politique, fausse transparence de la maison de verre qu’est le web. Et ce que je trouve le plus insidieux : le contrôle de soi par les autres, au moment où l’image est tout ce par quoi on est jugé.

04 septembre 2009

De la digestion médiatique

Pas écrit en environ 6 mois...  Il me semble que rien ne méritait particulièrement que j'encombre les ondes virtuelles encore davantage.  Tellement de gens commentent, écrivent, twittent...  Comment croire qu'on a vraiment quelque chose de pertinent à exprimer dans la durée, quand on vit dans ce monde où même le silence virtuel est encombré d'un bourdonnement sourd? (NDLR: quand j'étais jeune, un twit, c'était un nerd, un geek, quelqu'un dont l'opinion, s'il en avait une, comptait peu en fait... Je dis ça comme ça.)

Mais quelquefois, on a l'occasion de se poser une vraie question sur ces médias, sur la rapidité avec laquelle on digère -ou pas- les événements de l'histoire récente et sur le bourdonnement sourd dont je parlais qui encombre souvent les zones de commentaires virtuels d'un grand n'importe quoi collectif... Comme dans cette pub du World Wildlife Fund où, pour nous enjoindre à respecter la nature, on compare la force du tsunami et ses milliers de victimes aux attentats du 11 septembre 2001. Bien humblement, je vois plusieurs problèmes avec ce clip...

Premièrement, la comparaison est absurde. On m'a toujours dit de ne pas comparer des pommes avec des oranges. Ici, on nous demande de mettre en face-à-face un cataclysme naturel et un acte de terrorisme, chose on ne peut plus humaine. D'ailleurs, il n'est pas vraiment possible de comparer les souffrances... Quand on souffre, on ne veut pas savoir si c'est plus ou moins que le voisin. Vouloir évaluer les échelles de souffrances, c'est tout simplement manquer de compassion. Check.

Il est néanmoins tout à fait compréhensible de vouloir relativiser l'impact humain du 11 septembre et ses conséquences (guerre en Afghanistan dont on ne revient pas, surmédiatisation, etc...) par des événements, humains ou non, qui ont fait, dans une indifférence relative, beaucoup plus de victimes. Mais quel est le lien avec la préservation de la nature (à part, bien sûr, celui qui est créé pour l'occasion et qui compare des pommes avec des oranges)? D'autre part, il me semble que cela démontre une relation malsaine avec des événements difficiles qui, quand on ne les a pas vécus soi-même, sont vite digérés-éliminés-récupérés. Check.

On pourrait dire que l'impact du tsunami dont il est question a été amplifié par les désordres climatiques et la présence humaine sur les rivages, appuyant ainsi l' "argument" du WWF. Mais la nature n'a pas attendu l'impact humain pour nous démontrer toute sa puissance. Check.

Je ne comprends pas que, parmi l'équipe créative du présent message, personne n'ait levé sa main pour soulever non-seulement ces failles de raisonnement, mais surtout le simple fait que d'utiliser un événement aussi traumatisant que le 9-11 pourrait noyer le message que l'on veut véhiculer et faire passer l'émetteur pour un extrémiste granole sans le moindre sens de la mesure ou de l'intelligence dans le propos. On veut juste frapper, finalement. Créer une image forte en se disant "qu'ils en parlent en bien ou en mal, mais qu'ils en parlent."  J'ai toujours pensé que cette façon d'aborder une action de communication n'avait pour seule conséquence que de diluer le propos et permettre une variété de réactions qui au fond, nous laissent avec peu de matière sur lequel fonder une action ultérieure. Et dans le cas qui nous intéresse, it figures. Check.

Finalement, j'en conclue que le WWF, qui semblait pourtant une organisation aux actions intelligentes et sensibles, prend un virage qui discrédite son action, son "fonds de commerce" (la protection de l'environnement et le respect de la nature) et qui laisse comme seule impression durable qu'elle choisit mal ses conseillers en communications.

Le film An inconvenient truth, qui a l'intelligence d'avoir un propos clair avec un traitement puissant -la destruction de l'environnement à travers une durée longue, inexorable, aux milles enjeux socio-politiques et qui dépasse une seule vie humaine- est éminemment plus efficace pour créer l'angoisse d'être "au pied du mur" qui elle, catalyse la volonté d'agir...

 

20 janvier 2009

Ottawa, ville unilingue

Dans Cyberpresse, la semaine dernière, une pub sur la ville d'Ottawa apparaît en anglais.

"Bon, c'est une boucle, la version française apparaîtra dans 5 secondes.."

Et non. L'inacceptable se produisit!  Pub unilingue anglaise sur Cyberpresse.  J'espère que c'est un bug du programmeur.

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05 novembre 2008

Nouvelles technologies et une note de couleur

Et bien!  CNN nous flashe ses nouvelles technologies pour ces élections présidentielles!

Une intervention par entrevue holographique (Oui, oui! Pareil comme Princess Leïa dans Star Wars) et des statistiques croisées "on demand" grâce à des écrans tactiles...  Génial!  Sauf quand l'analyse croit que l'écran ne marche pas alors que c'est lui qui ne touche pas à la bonne place! hihi!

Je suis aussi un peu...comment dire...irritée? On ne cesse de parler de la date historique de l'élection d'un noir (même mulâtre) à la tête des États-Unis...  Sans minimiser cet événement aussi heureux qu'il est sans-précédent, il me semble qu'on en est à un moment de l'histoire où les noirs, les femmes et d'autres "minorités politiques" revendiquent surtout d'être nommés et élus pour leurs compétences, et non pas parce qu'ils représentent un capital politique. À preuve, ce n'est pas parce que Sarah Palin est une femme qu'on a envie de voter pour elle!  J'espère donc qu'on cessera vite de parler d'Obama comme d'un noir (même lui n'emploie pas cette rhétorique), car si d'aucuns l'encensent aujourd'hui pour cette raison, je les imagine bien dans l'avenir le descendre sur cette même prémisse.

13 juin 2008

La "gachette" de Derome

Lu dans La Presse: À son âge, «on tire sur la gachette un peu moins vite», croit le chef d'antenne de 64 ans.

Mais la jeunesse sur laquelle la SRC doit miser, toujours selon Derome, s'est peut-être emballée un peu rapidement cette semaine.  Je me tape moi-même sur les doigts, à l'instar de Nathalie Pétrowski.  Plusieurs étaient prêts à descendre la SRC en flammes avant de savoir quels projets étaient vraiment proposés à Pascale Nadeau, Céline Galipeau et Dominique Poirier (dont il reste encore à avoir des nouvelles sur sa décision: chef de bureau d'Ottawa, où animatrice RDI).

Céline Galipeau remplace donc Bernard Derome en semaine à 22h alors que Pascale Nadeau prendra le relais le weekend et que Patrice Roy (ah! Je l'savais!) animera le 18h Montréal.  Je suis certaine qu'il sera bon. Je trouvais cependant Pascale Nadeau parfaitement conviviale, chaleureuse et détendue pour ce bulletin de fin de journée.  Elle me manquera.

Tout ça pour dire qu'au fond, ce n'est pas si dramatique...  On croyait que les femmes seraient quasi évincées des bulletins de la SRC.  Au contraire...  J'ai par contre une petite pointe d'acidité sur la langue en songeant à l'affrontement avec Sophie Thibeault.  Il n'y pourtant pas de quoi: les hommes se sont affrontés à l'information depuis que les bulletins existent.   Comme ils disent à Punta Clara "It's only fair..."

10 juin 2008

Une pub exceptionnelle

Il y a trop de pub. Je travaille dans une agence de pub: je le sais.  Il y en a trop.  Mais de cette qualité, il n'y en aura jamais assez.  Jamais une publicité ne m'a fait monter les larmes aux yeux. Mais celle-là, à mon avis (faite pour le site de recherche d'emploi Monster), ça touche autre chose.....

Cliquez sur le lien si le video ne s'affiche pas.

Monster Stork commercial from ipub on Vimeo.

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 Bon. Il semble que cette pub ne soit plus disponible sur le site en question.  Voici un storyboard. Magnifiques scènes de nature, musique, pas de dialogues. Il s'agit d'une cigogne qui transporte un bébé.  Par vents et marées, à travers les déserts et les tempêtes, elle protège le nouveau-né jusqu'à la maison des nouveaux parents.  25 ans plus tard, un soir de tempête, un jeune homme baille sur une job plate à tamponner des formulaires.  Une cigogne se pose à sa fenêtre, l'observe un instant et s'envole, l'air triste.  L'échange de regards entre la cigogne et le jeune homme dit tout: "J'ai risqué ma vie pour t'amener dans le monde et qu'est-ce que tu fais?"   Deux derniers frames: Are you reaching your full potential? / Your calling is calling.  Monster.

Une sueur froide

C'est confirmé: Jean-Luc Mongrain ne vient pas à la SRC.  Je suis soulagée et du même coup, je me sens un peu coupable. M. Mongrain est peut-être un journaliste sérieux?  On ne l'aurait pourtant jamais deviné, après TVA et TQS.   Mais le style auquel je suis habituée aurait certainement clashé avec celui de la SRC.

Ma question maintenant c'est: il ne vient pas parce que l'offre n'est pas assez bonne ou il ne vient pas parce qu'on ne veut pas de lui?  Mystère.

Dans le même ordre d'idées, on envoie de plus en plus Patrice Roy au TJ de 18h, en remplacement de Pascale Nadeau qui faisait pourtant un excellent travail à ce bulletin relax de fin de journée...  Dommage: de moins en moins de femmes aux bulletin de la SRC (et ne venez pas vous excuser en disant qu'elles sont à RDI, même Dominique Poirier se fait offrir "de nouveaux défis"!). 

Faudrait que j'envoie mon CV...

06 juin 2008

La bouche aussi bée qu'une poupée gonflable...

4544d10094112242f5db1a70c1b353a6.pngC'est ce dont j'avais l'air en voyant ce site.  www.ma-bimbo.com

C'est un peu comme Second Life, ou comme l'élevage d'un Tamagotchi, mais version Barbie Manga...  Conçu en France, le site a été fréquenté près d'un millions de fois au Québec, selon Marc Allard sur Cyberpresse

Vous savez ce que c'est une bimbo...?  C'est une pitoune, une pétasse, une bitch, un peu salope sur les bords, ultra superficielle.  Et c'est exactement ce que ce jeu propose. presque 1 500 000 bimbos inscrites à date...!!  Je suis toujours surprise de la capacité de l'être humain à accepter de s'humilier "pour le plaisir".

Extraits de la page d'accueil: 

le 1er jeu virtuel de mode !
Tu fais évoluer une bimbo moderne à travers le temps, dans un jeu de simulation qui caricature le monde réel. L'objectif est d'être la bimbo la plus populaire.

  • Il te faudra un logement pour exercer ta future profession.
  • Il te faudra un travail pour subvenir à tes besoins et acheter les vêtements dont tu as envie.
  • Essaye toutes les fringues que tu veux et deviens la plus belle !
  • Tu pourras changer de coupe de cheveux et de couleur dans le meilleur Salon de coiffure de la ville.
  • Séduis un homme célèbre pour accèder plus vite à la célébrité.
  • Tu devras faire attention à ta ligne, ni trop grosse, ni trop mince... et surtout, manger équilibré si tu ne veux pas tomber malade !
  • Suis les 138 missions pour accéder au rang de star le plus rapidement possible !!
J'imagine qu'on se donne bonne conscience, chez Web-expect (les créateurs), en encourageant les participantes à donner à leur bimbo un semblant de vie de femme "indépendante" et en "santé".  Mais il semblerait que les implants mammaires remportent un maximum de points...  Une pilule coupe-faim faisait aussi partie du jeu, avant d'être retirée sous la pression des parents au Royaume-Uni.

"Un jeu sans arrière-pensée" selon les marketeux responsables...  Est-ce que l'industrie du design et de la mode endosse cela?  Sont-ils les clients de Web-expect?  Est-ce que les rapaces charognards qu'on trouve souvent en marketing n'ont pas d'autres idées pour faire vendre Séphora ou Star Ac??  J'ai des pulsions ultra-violentes là.  Comment peut-on penser qu'un tel jeu de simulation virtuelle, fréquenté surtout par des jeunes filles de 8 à 12 ans, n'aura aucun impact sur leurs perceptions?  D'elles-mêmes d'abord, de la vie et de l'Ordre des choses ensuite.  La vie réèlle se charge assez bien, assez vite et assez dûrement de nous envoyer ce mur dans la figure.  Un jeu comme celui-ci est inadmissible sur le plan des valeurs véhiculées et est inepte en général. Et puis c'est une grave perte de temps pour qui aime vraiment le design et la mode en tant qu'art... ce jeu ne sert qu'à fabriquer du cheptel cheap.

Est-ce si difficile de faire comprendre aux femmes et aux hommes -de tous âges!- ce qu'ils désèspèrent d'entendre toute leur vie de toute façon: non, vous n'êtes pas de la viande à vendre; non, vous n'êtes pas qu'un portefeuille à cracher le cash.  Vous êtes des êtres humains, à la dignité agressée, mais libres, fondamentalement, de sortir de ce moule dégeulasse dans lequel on veut vous faire fitter de force.

Ce n'est pas comme ça que le monde tourne??  Mais il tournera bien comme on veut qu'il tourne, le monde... 

 

20 mai 2008

Le cycle Big Brother

Je tombe sur ce lien aujourd'hui, à propos d'un projet de surveillance des communications publiques en Grande-Bretagne, ce beau pays, obsédé par la surveillance du public par le gouvernement (1984, Farenheit 451, V for Vendetta, commence à y avoir un lien). 

Ça me fait un peu sourire, et puis je me dis "Ouin, bientôt ils vont nous annoncer sans sourciller que ECHELON, c'était juste pour notre protection!"  

Et puis Microsoft qui s'est mis au "google mapping"...  Tu peux faire le tour de ta cour à 365 degrés!  Mais voyons, c'est juste pour que les "how to get there" soient plus clairs, c'est sûûûr... 
 
Oui, je vous entends: "Ahh, arrête, t'es paranoïaque! La vie, c'est pas les X-Files!" Non, c'est pire!  Ce n'est pas de la fiction!  C'est comme ça que s'immiscent dans nos vie les obsessions de sécurité, de rectitude politique, de normalité sociale raide comme le béton armé.  Parlant d'armée, n'attendez pas qu'ils vous l'envoie pour vous méfier de ces méthodes.  Ce ne serait pas la première fois qu'une technologie inoffensive, avec, à la base, des intentions nobles et pacifiques, dérape et devienne arme de guerre, de destruction.

Il y avait un reportage ce matin à la SRC sur la commissaire à la protection de la vie privée qui trouve justement que ça commence à bien faire, les caméras de "sécurité" partout et la porte ouverte au monitoring des activités du citoyen...  Tout ça le lendemain du jour où une de ces caméras permet à la police d'identifier le suspect no.1 dans une affaire de meurtre d'attachée politique...

C'est pas parce qu'on boucle la boucle que ça tourne rond.

25 avril 2008

Le jour de la Terre, en retard

Je manquais d'inspiration....  Et puis j'ai trouvé que la Chroniqueuse blonde décrivait exactement comment je pensais cette journée de la Terre.  Lisez, donc.

Je n'ajouterai simplement que la journée de la Terre, c'est comme la journée de la femme: tant qu'on sentira le besoin d'en faire une, c'est qu'il y aura encore combat à mener, et, conséquemment, qu'il restera des choses à comprendre...  

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