09 février 2009
Devoir de mémoire II: Polytechnique
6 décembre 1989. Vers 17h30, 18h. J’ai presque 13 ans, première secondaire. De retour de l’école, devoirs terminés, j’allume la télé. Bulletin spécial. Tuerie à Poly. Images d’ambulanciers sur le rush, étudiants paniqués comme des bêtes traquées… Réactions erratiques, on ne sait pas. Quelqu’un tire sur les filles… Puis toute la planète Québec est sous le choc : 14 filles tuées, parce qu’elles voulaient être ingénieurs. Parce que, selon celui qui a tiré, c’étaient des maudites féministes.
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Difficile de parler du film de Denis Villeneuve sans déraper vers l’événement lui-même. Le premier vrai long métrage réalisé sur ce sujet difficile a le tout premier mérite de briser la glace, justement. Les réactions publiques suscitées par le film en sont la preuve. Chacun revit l’événement, retrace l’onde de choc. C’est un peu notre 11 septembre à nous.
J’ai entendu des critiques dire que le film était froid, clinique, « langue de bois », apolitique. Que LE film sur Poly était encore à faire. Je me demande bien comment on aurait pu rendre ce film « politique » sans lui enlever du coup toute sa sensibilité. On a pas besoin de plus de « chaleur », ou de plus de couleur. L’action du film nous bouleverse suffisamment. Dès le départ, on nous plonge dans l’eau froide : voici le bruit des balles, voici le grain de l’image, voici l’économie de mots. Traitement choc qui m'a clouée, le coeur en chamade, jusqu'au bout. Le fait de vivre un événement pareil doit avoir un effet anesthésiant. Ça « gèle », expliquant sans doute l’apparent détachement des personnages, tout à fait approprié selon moi. La survivante épuisée mais forte, le jeune homme incapable de soutenir son sentiment de culpabilité. Je ne peux m’empêcher de songer qu’en traitant le film de froid et d’incomplet, certains manquent autant de compassion aujourd’hui qu’il y a vingt ans, alors que d’aucuns jugeaient égoïstes, et presque complices, les collègues masculins des filles abattues dans leur salle de cours.
Sur un plan strictement cinématographique, la photo de Pierre Gill est d’une maîtrise achevée. Le noir et blanc s’impose comme le seul choix possible. La qualité de contrastes et de nuances inhérente au noir et blanc finit par transmettre une ambiance « psychique » mieux que n’importe quelle palette de couleurs : le sang est plus noir, les flocons sont plus blancs, les regards sont plus profonds (celui de Karine Vanasse, surtout, habituellement d'une douceur noisette, est ici profondément noir). Le talent de Villeneuve pour l’évocation métaphorique se raffine au fil des films et il m’a semblé y voir des plans dignes de Brault ou Jutras (rivière aux plaques de glace et corridor à l’envers), sans parler de la sobriété générale du jeu des acteurs, du scénario et du montage qui met en lumière le choc des actes. Bravo à Benoît Charest pour la musique qui soutient sans mettre le doigt sur le bobo (crédit pour tout le film, sauf pour la bande annonce, qui est accompagnée par Ever Loving, de Moby). Dans la reconstitution, l’effet est saisissant : l’ambiance d’un lieu bourré d’étudiants (Poly est effectivement un lieu où on voit, toujours et n’importe où, un étudiant plongé dans ses notes) les vêtements des filles dont je me suis immédiatement souvenue (comme nous n’étions pas « sexualisées »! Jeans taille ultra haute, bottines, chandails trop grands… était-ce plus menaçant?). J'aurais moins cru au film si ce détail n'avait pas été scrupuleusement respecté.
J’ai été heureuse de constater la jeunesse des spectateurs qui assistaient à la projection. Certains d’entre eux n’étaient sans doute pas nés lors des événements et leur réaction « d’assommement » à la fin du film me porte à croire qu’il ne s’agit pas pour eux d’un autre film violent comme nous en visionnons tant… Le devoir de mémoire semble fonctionner ici. J’aimerais bien que les gens de la plus jeune génération se mêle à la discussion collective et la « politise » un peu. C’est sans doute l’intention d’un film aussi personnel. Donner à chacun le pouvoir de se l’approprier pour livrer sa propre réflexion.
01:31 Publié dans Actualité, Culture, Film, Histoire, Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, montréal, cinéma, denis villeneuve, polytechnique, tuerie, marc lépine
08 octobre 2008
Chronique cinéma
Au cinéma, mes ambiances récentes m’ont emmené vers deux films qui, à leur manière, traitent de certaines errances intérieures avec, en trame, la force des liens familiaux et le pouvoir de l’instinct de survie. Pas de grandes envolées lyriques avec violons et images somptueuses, mais la simplicité qui laisse toute la place aux talents des interprètes et aux émotions des histoires.
Sur le grand écran, c’est Il y a longtemps que je t’aime, de Philippe Claudel avec Kristin Scott-Thomas qui m’a transporté dans cette ambiance. Une femme incarcérée pour meurtre depuis 15 ans sort de prison et tente de retrouver une vie et un équilibre dans la famille de sa jeune soeur. Un peu à la Chabrol, Claudel laisse toujours planer le doute sur l’équilibre mental du personage et on attend toujours la tuile qui tombera, jusqu’aux 15 dernières minutes. Mais plein d’une retenue et d’une subtilité qui donne au film toute sa douceur et sa tension à la fois, sans racoler, on est pris par la fragilité du processus de réconciliation entre les deux soeurs et la lenteur du retour à la vie du personnage principal. Un très beau film, sensible et censé.
La coïncidence des thèmes est née du film vu à la télé ce soir, The beautiful country. Je n’avais jamais entendu parler de ce film et si ARTV ne l’avait pas diffusé, il serait passé sous le radar. Co-produit par Terrence Malick, le film raconte l’histoire d’un métis vietnamien/américain, déconsidéré dans son pays “parce qu’il a le visage de l’ennemi”. Son histoire est celle de beaucoup de “boat people”, venus en Amérique pour trouver qui la richesse, qui sa famille, vendus aux plus cupides pour passer la traversée. Mené par l’espoir fou de retrouver le père Texan qu’il n’a pas connu, le personnage traverse des distances physiques et mentales infranchissables pour la vaste majorité d’entre nous. Encore une fois, le dernier 20 minutes du film, d’une grande tendresse dans les gestes et les non-dits, n’est qu’un aboutissement qui récompense la traversée…

06:19 Publié dans Arts, Culture, Film, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, claudel, malick
24 juillet 2008
Coldplay - Vive la Vie!
Viva la Vida, un titre en espagnol peint à la chaux blanche pour le dernier album des Britanniques de Coldplay. En arrière plan, une toile française: “La liberté guidant le peuple” de Delacroix pour la partie or death and all of his friends, la 2e chanson titre. Ça donne une idée du ton de cet album très différent de ce qui a déjà été fait par ce groupe. Un peu “global”, un peu pop-rock classique, un peu révolutionnaire, le dernier Coldplay est aussi une série de citations musicales dont l’éclectisme, au lieu de faire désordre, donne au groupe une palette musicale dont il ne disposait pas auparavant.
Coldplay ne fait pas tout à fait table rase, mais le tout est suffisamment évolutif pour qu’on passe à une autre étape dans l’évolution du groupe. Personnellement, Coldplay pour moi, c’était de la bonne musique de background dans un party. Même pas certaine que j’aurais reconnu leurs hits sans douter d’abord… J’écoutais une version téléchargée de Viva la Vida avant de réaliser que, après quelques écoutes, “oh wow, j’ai envie d’écouter ça en boucle, tous les jours, directement dans mes oreilles”. Un achat s'imposait donc, puisque c'est la chose à faire avec la musique qu'on apprécie et respecte...
Plus j’entends cette collection de pièces musicales, cet album dans le vrai sens du terme, plus je décortique les multiples influences, les nuances dans les palettes, le fignolage du jeu des musiciens et l'amélioration de la voix du chanteur. Produit par ceux qui ont mis U2 et Arcade Fire sur la carte, le disque ne réinvente rien mais il jouxte des rythmes et des influences musicales qui, bien que connues, donnent un mélange riche, lumineux, un peu mélancolique et tout à fait enthousiasmant.
Ainsi, on a des voix beaucoup plus travaillées, des guitares plus insistantes, des corps d’instruments à cordes, des sonorités traditionnelles d’Amérique du Sud, du Moyen-Orient ou des îles britanniques. Spécifiquement, j’ai entendu Enya, U2, Pink Floyd, the Beatles, the Police ou les années 80 en général dans une ou plusieurs des pièces, dont certaines sont construites en deux parties, souvent avec de longs intermèdes instrumentaux, ce qui est peu fréquent dans la musique actuelle et surtout pour ce groupe.
C’est toujours aussi “brandé” Coldplay, un groupe au fond pop-rock, pas d’une originalité créatrice comme Radiohead, mais au sens mélodique particulièrement efficace. Cet étalage de culture musicale arrangé à leur sauce, avec l’univers particulier du parolier Chris Martin, les sert bien. J’espère ne pas me lasser trop vite…
19:40 Publié dans Arts, Culture, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Coldplay, Viva la vida, musique, pop, rock, Chris Martin, U2
20 mai 2008
Metroland 1968
Étrange, je réalise que mes deux derniers billets traitent de mai 1968 et d'un trait culturel frappant de la Grande-Bretagne: la peur de la conformité, dans la rigidité de codes sociaux fixes... D'ailleurs, un beau site sur Mai 68 m'a été transmis ce weekend: www.barricades.fr, une bédé virtuelle sur les événements.
Il est fascinant d'observer ce trait de personnalité de l'humanité: la valse hésitation entre son besoin de sécurité et son besoin d'émotions fortes.
Cela me fait penser au film Metroland, avec Christian Bale et Emily Watson, sur un jeune homme qui, se trouvant à Paris en 68, ne souhaite pas prendre part à l'histoire en marche, à sa portée. Mais 10 ans plus tard, il questionne ses choix de vie trop conformistes...

21:10 Publié dans Culture, Film, Réflexions, Sociologie à 5 cennes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, BD, mai 68, Grande-Bretagne, culture
19 février 2008
De la poésie de Richard D.
C'est pas moi qui le dit, c'est Foglia dans La Presse d'aujourd'hui... Suite au top 50 des albums québécois paru dans le même journal la semaine dernière.
Ouf. Rien de moins. Pas Félix, pas Vignault, pas Claude Léveillé... Encore trop franco-international? C'est vrai que si Richard Desjardins fait moins l'unanimité, sa poésie demeure totalement originale, enracinée dans le terroir d'Abitibi. Perso, j'ai beau être une fan finie de Desjardins, j'ai toujours un problème avec les hiérarchies...
19:19 Publié dans Actualité, Arts, Culture, La vie tout court..., Médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Québec, musique, Foglia, Richard Desjardins
18 février 2008
Débat de langues
Sergio Kokis et Pauline Marois (à tout le monde en parle) s'obstinent et discutent de la qualité du français au Québec.
Kokis: Si la qualité de la langue baisse, c'est de la faute des Québécois! Les immigrants apprennent le français rapidement et le parlent mieux! Je crois que la qualité de la langue au Québec est bien inférieure à celle qui est parlée en France. C'est une question de respect. Si vous ne vous respectez pas vous-même, personne ne le fera!
Marois: Laissez-moi vous expliquer. C'est une langue différente!
Kokis: Madame, écoutez-vous TVA??
Marois: hahaha, oui. Mais il faut bien savoir que les Québécois n'ont pas toujours été chanceux. Ils n'allaient pas à l'école avant les années soixante! Ils n'étaient pas scolarisés. Nous arrivons de bien loin!
Kokis: Et moi, je n'arrive pas de loin?? (Kokis est Brésilien) Et est-ce que ça signifie qu'il faut continuer à être médiocre?
Kokis a un bon point... Le débat sur la nature du Français d'ici est peut-être un peu vieux, mais les efforts faits par les immigrants pour s'intégrer et apprendre une langue dont nous nous disons fiers valent bien que nous soyions aussi soucieux de la qualité de notre expression. Les excuses imbéciles de Marois mettent en lumière non seulement sa condescendance envers les Canadiens-Français d'antan, mais la nécessité viscérale que nous éprouvons -puisqu'une de nos dirigeants le fait- de devoir nous excuser, nous cacher derrière de "bonnes" raisons, de nous traiter au fond, encore une fois, comme des victimes. Est-ce un réflexe de boomer? Madame Marois met peut-être inconsciemment dans ses paroles son propre vécu. Mais elle évacue surtout toute l'élite canadienne-française qui a contribué à développer la société qu'elle aspire à diriger. Et dans ce contexte, sa position actuelle sur l'enseignement de l'anglais langue seconde (nonobstant les enjeux réels de cette question) relève du déni. Rien de ce que dit cette femme n'est conséquent, et chacun de ses arguments pour justifier ses positions est du plus élémentaire sophisme...
Rien d'étonnant à ce que notre débat schyzophrène sur la langue, l'identité et l'immigration tourne en rond.
04:32 Publié dans Culture, Médias, Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
11 février 2008
Des thèmes lourds dans le cinéma québécois
Deux films sortent ces jours-ci sur les écrans du Québec. Les thème traités par ces films méritent l'attention, entre tous les films légers et sans grande portée que notre cinéma nous offre habituellement, Borderline et Tout est parfait tentent une percée pour élargir au grand public des sujets souvent réservés au cinéma d'auteur hermétique. Le suicide, l'automutilation, la folie, la pulsion de mort ou de survie, l'amour et ultimement, l'estime de soi.
Tout est parfait traitera du suicide chez les adolescents. Abordés lors de Tout le monde en parle ce dimanche, les deux créateurs du film (Yves-Christian Fournier et Guillaume Vignault) ont voulu souligner la nécessité de ce film pour des jeunes qui seraient susceptibles de passer à l'acte: "le film montre un personnage qui choisit la vie, qui lui donne un sens", l'animateur poursuit (adaptation libre): "j'ai vu 150 personnes en larmes, effondrées, aux funérailles d'une jeune fille de 14 ans. Peut-être ne serait-elle pas partie si elle avait constaté la peine de masse qu'elle avait suscité". J'ai instantanément songé à mon ami Alexandre, parti à 19 ans. Oui, c'est ça: une centaine de personnes, dans une église, qui s'effondrent tous de désarroi devant une petite urne censée protéger ce qui reste de notre ami. Bizarre, j'avais pensé à lui aujourd'hui: c'est lui qui m'avait donné la vraie piqure de la photo. J'ai ai fait toute la journée. Et puis cette entrevue... L'absurdité, c'est que le film est interdit au moins de 16 ans, qui sont le vrai public cible du film. J'espère que le film provoquera les prises de conscience qu'il mérite.
Borderline (adapté de Borderline et La Brèche, de Marie-Sissi Labrèche) aborde un sujet sans doute moins lourd que la mort, mais tout aussi tortueux et torturé: ce qu'on pense mériter de l'amour, comment on entre en relation, comment on transcende notre souffrance. Pour Kiki Labrèche, c'est l'écriture: le processus est pénible, mais le désir de résilience est là. Elle vient d'un milieu difficile, pas de figure masculine modèle, une mère psychiatrisée, des pulsions sexuelles auto-destructrices accompagnées de troubles d'automutilation. Incapable de se laisser aimer, son truc à elle, c'est se faire défoncer par un homme qui ne voit en elle qu'une fantaisie de chambre d'hôtel. Pas que le sexe cru soit négligeable, mais le propos est limpide dans la scène où la lenteur d'un gars tendre et doux la rend presque nerveuse. "Aimer, pour moi, c'était ouvrir les cuisses à l'infini", comme la seule preuve d'attention à obtenir: tant qu'on ne te rentre pas dedans, tu n'existe pas. Et pourtant... "Je suis un danger privé", dit-elle, dans une séance de sex-addicts anonymes. Au-delà de ses multiples qualités filimiques (casting de Première Classe, flash-backs simultanés, mots en filigranes, trame sonore...), le film parlera à plusieurs: aux amochés de la vie affective, à ceux qui doutent d'eux-mêmes, aux mères-filles aux relations tordues, aux solitaires qui voudraient bien, mais ne savent pas s'abandonner...et à cette petite personne en chacun de nous qui croit qu'il ne vaut pas la peine qu'on s'occupe de lui. Un film beau parce qu'il est vrai, sans émotions ou larmes faciles.
04:42 Publié dans Actualité, Culture, Film, Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, Québec, Tout est parfait, Borderline, suicide, résilience, psychose
02 octobre 2007
Citoyens, à vos caméras!
Vu sur le site www.novae.com, une plateforme de communications et d'échange pour les acteurs impliqués dans le développement durable, l'initiative Pangea Day, dont l'objectif est de permettre au monde entier de se voir et de se découvrir, à travers les yeux de l'autre.
L'idée: vous faites un film, un petit court-métrage, avec votre caméra maison. Que vous viviez aux pieds de Central Park où dans un kibboutz à la frontière égyptienne, ce qu'on veut voir, c'est votre réalité, votre regard, sans intermédiaire (sauf bien sûr, celui du comité de sélection).
Imaginez... C'est sans aucun doute la première fois de l'histoire où assez de gens sur la planète peuvent avoir accès à la technologie nécessaire pour réaliser ce type de film sans autre moyens que leur imagination et leur réalité... Le résultat: une projection en direct sur plusieurs écrans dans le monde, une projection web et un grand acte de sensibilisation.
15:05 Publié dans Culture, La vie tout court..., Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, Monde, cinéma
17 mai 2007
L'homme occidental (et surtout la femme), selon Éric Zemmour
Richard Martineau aime bien gratter le "bobo" de l'homme contemporain. Est-il castré, perd-il sa virilité? Et si oui, pourquoi, comment et à cause de qui? Le columniste a donc trouvé à qui parler en la personne d'Éric Zemmour, reporter au Figaro et lui aussi obsédé de la question de la virilité perdue (?) et (donc?) de la détresse sexuelle de l'homme occidental contemporain (que Zemmour dit voir dans la grande popularité de la pornographie).
D'abord, ce discours donne déjà à penser que l'homo occidentalis est une espèce disparue, supplantée dans l'évolution de l'humanité par la feminis modernis et l'homosexualis occidentalis......
J'ai souvent vu Éric Zemmour en entrevue. On semble donner beaucoup de crédit à cet homme qui fait des liens soit-disant logiques entre des idées qui relèvent davantage de ses opinions personnelles et de sa propre socialisation. Tout y passe: le féminisme, le rôle du père en tant que figure d'autorité (évacué depuis qu'on lui demande de collaborer avec la mère... hein??), le modèle de valeurs féminines de la société contemporaine (jusqu'à considérer que les femmes verraient les métrosexuels comme une compétition), la dualité maman-putain dans le schème du désir des hommes (en leur interdisant de courir les jupons, on donne à l'homme un modèle de la femme qu'il ne peut plus détacher de la mère sacralisée)... Jusqu'à l'intégrisme musulman qui est, selon lui, la réponse intégriste à la société féminine/iste occidentale. Heu.....À date, tous les intégrismes religieux monothésites ont eu pour effet (sinon pour but) de ne donner à la femme qu'un rôle de subaltèrne... La nature est-elle ainsi faite? Le sens de l'Univers requiert-il cet état de chose??
Chaque fois je ressors de ces entrevues avec le sentiment étrange d'être fraîchement tombée de la Lune... Est-ce moi qui ne voit pas ou lui qui hallucine? Il semble à chaque seconde mettre le doigt sur une question pertinente puis il me glisse entre les pattes avec une argumentation qui me laisse sans voix tant elle semble ne pas tenir la route.
Je crois qu'il ne voit pas les même femmes ni les mêmes hommes que moi.
14:55 Publié dans Culture, Livre, Médias, Réflexions, Sociologie à 5 cennes | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Féminisme, Zemmour, idées
23 octobre 2006
Chronique Ciné
Le premier parle d’une chorale de personnages dont la vie culminera au même moment, au même endroit : une nuit d’automne, avenue Montaigne. Un pianiste de concert pris au piège dans son smoking, une actrice qui devine que son talent dépasse les textes de Feydeau, un collectionneur qui vend les œuvres qu’il a mis toute sa vie à assembler… Tous reliés par une petite bonne étoile, serveuse du coin, qui comprend tout même si elle croit ne rien comprendre… Le film n’est pas parfait, mais le message essentiel est bien rendu : le culot garantit une belle vie.
17:20 Publié dans Culture, Film, Loisirs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Cinéma






















