23 janvier 2009
BMW: Bus - Metro - Walk
Michèle Ouimet est une montréalaise pas contente... Comme beaucoup d'autres de ses congénères, elle vit dans une ville qui parfois, l'hiver, devient vraiment moche... De surcroit, c'est une ville un peu déprimée. Souvent très jolie, elle a des jours où tous ses boutons lui poussent dans le visage en même temps. L'hiver, c'est les jours où il fait -20 celsius, où les vieilles canalisations pètent, où il n'a pas neigé depuis longtemps et tout est gris, brun, plein de calcium. Quand on arrive de vacances à Barcelone, comme c'est le cas pour notre madame Ouimet, il y a de quoi faire une dépression. Barcelona, Gaudi, la Rambla, le soleil même l'hiver, la mer... Montréalais, Russes, Suédois, n'allez pas dans le sud l'hiver. C'est comme l'air climatisé l'été, trop grand choc au retour..... Mais je m'éloigne. Comme beaucoup d'autres encore, madame Ouimet n'utilise pas la voiture pour ses déplacements quotidiens. Quand on vit en ville, une voiture, c'est plus souvent un fardeau. Le transport en commun est censé être si pratique! Mais voilà, notre madame Ouimet, déjà éprouvée par le choc thermique +20/-20, est oubliée par son autobus et arrive dans un métro rempli de congénère eux aussi souffrants de grisaille hivernale.
Pourquoi je vous raconte ça? Parce que je remarque depuis quelque temps -et quelques années- une tranquille montée de l'insatisfaction des Montréalais à l'égard de leur transport en commun. Vous le savez, le citoyen moyen trouvera toujours quelque chose à redire sur les services publics. Mais là, on arrive à un degré de justification qui mérite qu'on s'y attarde.
Depuis que je prends le métro (une quinzaine d'années et plus...), la fréquence des pannes et des bugs courants (portes bloquées, longs arrêts, etc) a explosé de manière exponentielle (c'est vous dire si la courbe est devenue une ligne verticale...). Si la plupart du temps, je peux être assurée d'arriver au travail à temps, même en temps de tempête, une panne de longueur variable est susceptible d'ariver à tout moment. Une panne devrait être un aléa exceptionnel pour un utilisateur. Pas une variable libre à laquelle il doit s'attendre. La vérité est que le métro de Montréal semble aussi vieux que des systèmes qui ont deux fois son âge. Les métros de New York et de Paris ont tapé le siècle depuis quelques temps déjà et sont plus fiables que le système montréalais. Sans parler du fait que leur efficacité -en terme de disponibilité de trajets et de fréquence des trains- ne peut être compétitionnée. Je suis, à ce titre, vraiment écoeurée de me faire répondre que Montréal n'a pas le bassin de population necéssaire pour un système de ce type. Cet argument est un non sens et je lui répond avec celui de la saucisse Hygrade... Si le système donnait le goût qu'on s'en serve, on ne poserait pas la question. Pourquoi pensez vous que les nouveaux trajets de trains de banlieue sont pleins?? Parce que les gens sont prêts à l'utiliser! Évidemment, si on assure pas un service minimal ensuite, il est normal que les usagers s'en aillent en trouvant que c'est de la merde... On ne demande pas le système de Paris, NY ou Berlin. On demande le service de Montréal, avec une efficacité normale. Quant au sourire des préposés, son absence est la seule constante que j'observe. À leur décharge, j'admets que travailler dans un trou sous terre avec un uniforme des années 70 pour un système qui fait chiâler tout le monde, ça donne vraiment pas envie de sourire, même syndiqué...
Qui ne saisit pas qu'il s'agit d'une roue qui tourne? Et pourtant, on semble vouloir investir... Mais où va cet argent? Dans les heures supplémentaires des ouvriers qui doivent travailler la nuit payés temps triple?? Pas surprenant qi'on avance pas...
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Commentaires
BMW! :-)
Écrit par : Epicure | 24 janvier 2009
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