04 décembre 2008

Ceci n'est pas un putsch: chronique de prorogation

Depuis l'annonce d'une possible coalition à Ottawa entre les partis d'opposition, coalition qui vise à renverser le gouvernement conservateur minoritaire, on s'insurge au Canada anglais sur l'alliance qui donne aux souverainistes du Bloc Québécois une certaine balance du pouvoir. On prête aussi à cette coalition des intentions "putschiste", comme si l'ouest allait se trouver dépossédé de force d'un pouvoir politique chèrement gagné.

Selon plusieurs encyclopédies et dictionnaires, un putsch est un changement de pouvoir imposé soudainement, par une minorité utilisant la force. En Afrique, en Amérique du Sud, en Asie, ce sont des personnages qui sortent de nulle part où presque, junte militaire à portée de la main, hélicoptères en survol...

La coalition des Libéraux et Néo-démocrates, appuyée par le Bloc, a ceci de singulier qu'elle représente 62% de l'électorat canadien. Même Stéphane Dion admet qu'il s'agit d'une majorité claire...  Seul Harper et ses députés continuent de spinner l'expression "coup d'État", comme incapables d'admettre ce mécanisme implicite de toute assemblée démocratique: si l'opposition est assez forte pour s'allier et faire pencher la balance, le gouvernement peut être renversé. Ce n'est pas violent, ce n'est pas anti-démocratique, ce n'est pas un coup d'État.  Les Conservateurs ont ce détestable talent pour saupoudrer leur discours d'une démagogie qui capitalise sur la rage de leur base électorale. Ce faisant, ils faussent toutes les données...

Ce matin donc, Harper a obtenu de la Gouverneure Générale la prorogation qu'il souhaitait. Pas de vote de confiance lundi donc, mais un nouveau discours et un nouveau budget en janvier. Si la coalition tient jusque là, elle pourrait renverser le gouvernement sur ledit budget...  Harper compte donc sur l'effritement amorcé de la coalition pour gagner le temps qu'il lui faut. Dommage.

03 décembre 2008

Le Canada en crise?

Comme vous l'avez peut-être remarqué, je boycotte la campagne québécoise.  On la voyait venir, plate et cynique. J'irai voter, comme d'habitude.  Mais je n'en dirai pas grande chose puisqu'il n'y a rien à en dire sinon que c'est une excuse un peu plate pour se réclamer un mandat majoritaire de quatre ans, les mains libres.  On a beau déchirer nos chemises sur Mario Dumont -sur qui mon opinion n'a pas changé, Jean Charest a sans doute les mêmes idées, dans une rhétorique plus suave, subtile et au final, dangereusement menteuse...

Mais c'est du match de lutte libre qui se déroule à Ottawa dont je voulais vous parler.  Tant de choses à dire que je ne sais, depuis les derniers jours, par où prendre la question.  M'amuse-t-elle, m'inquiète-t-elle?  Je ne chacherai pas ma joie de voir le gouvernement Harper dans l'acide sulfurique sur une question qui l'a fait élire -la crise économique- et qu'il traite aujourd'hui avec désinvolture, attitude aussi doublement inacceptable que les Conservateurs sont en situation minoritaire. J'éprouve surtout un grand bonheur à voir que la "gauche" arrive à se soulever pour en finir avec l'attitude contrôlante et "je-m'en-foutiste" de la droite. Comme le disait Foglia il y a quelques semaines, il s'agit bien de voter selon nos valeurs et notre culture... C'est, je crois, pourquoi la coalition rencontre au Québec ses plus grands appuis.

Mais cette crise, vu le spinning des médias canadiens anglais (blogues inclus), change de centre pour devenir une crise quasi constitutionnelle. Le Bloc ayant le pouvoir de tirer sur la plogue de la coalition qui se dessine, nos concitoyens anglophones sont révoltés par le contrôle qu'exerce un parti souverainiste, même s'il ne détiendra aucun pouvoir réel, ministériel ou autre.  On va même jusqu'à dire que l'Ouest devrait se séparer!  Je ne les blâme pas. La situation est effectivement paradoxale...

Et que dire de Stéphane Dion, l'homme qui joue à la tornade avec le destin?  Le titre au bout des doigts, il pourrait toucher pendant quelques mois ce dont il n'a même pas pu rêver, il y a une saison à peine.  Je crois que Dion aurait fait un bon premier ministre...  Nous n'en saurons pas plus, malheureusement, que ces quelques mois. S'ils se concrétisent.

Et peut-être ne le saurons-nous pas du tout...  Que décidera Michaëlle Jean?  Aucun précédent pour lui permettre de juger. Abroger la session parlementaire?  Risquer de repartir en élection?  C'est dans ses souliers à elle que je ne voudrais pas me trouver. Les gars peuvent se tapocher dessus sur la glace, c'est ELLE l'arbitre...

Un maire audacieux

L'"audacieux" maire d'arrondissement Ville-Marie, Benoît Labonté, voudrait rendre les parcomètres gratuits au centre-ville de Montréal avant et pendant les Fêtes. Non-seulement cela, mais les transports en communs gratos aussi!  Une mesure évaluée à 500 millions de dollars selon la Mairie de Montréal.

Faciliter les courses des Fêtes et revigorer le centre-ville?  Oui, mais est-ce qu'il faut absolumer rendre tout gratuit pour convaincre les gens?  C'est là qu'on en est?  À ce genre d'audace-là?

Toutes les notes