03 décembre 2008

Le Canada en crise?

Comme vous l'avez peut-être remarqué, je boycotte la campagne québécoise.  On la voyait venir, plate et cynique. J'irai voter, comme d'habitude.  Mais je n'en dirai pas grande chose puisqu'il n'y a rien à en dire sinon que c'est une excuse un peu plate pour se réclamer un mandat majoritaire de quatre ans, les mains libres.  On a beau déchirer nos chemises sur Mario Dumont -sur qui mon opinion n'a pas changé, Jean Charest a sans doute les mêmes idées, dans une rhétorique plus suave, subtile et au final, dangereusement menteuse...

Mais c'est du match de lutte libre qui se déroule à Ottawa dont je voulais vous parler.  Tant de choses à dire que je ne sais, depuis les derniers jours, par où prendre la question.  M'amuse-t-elle, m'inquiète-t-elle?  Je ne chacherai pas ma joie de voir le gouvernement Harper dans l'acide sulfurique sur une question qui l'a fait élire -la crise économique- et qu'il traite aujourd'hui avec désinvolture, attitude aussi doublement inacceptable que les Conservateurs sont en situation minoritaire. J'éprouve surtout un grand bonheur à voir que la "gauche" arrive à se soulever pour en finir avec l'attitude contrôlante et "je-m'en-foutiste" de la droite. Comme le disait Foglia il y a quelques semaines, il s'agit bien de voter selon nos valeurs et notre culture... C'est, je crois, pourquoi la coalition rencontre au Québec ses plus grands appuis.

Mais cette crise, vu le spinning des médias canadiens anglais (blogues inclus), change de centre pour devenir une crise quasi constitutionnelle. Le Bloc ayant le pouvoir de tirer sur la plogue de la coalition qui se dessine, nos concitoyens anglophones sont révoltés par le contrôle qu'exerce un parti souverainiste, même s'il ne détiendra aucun pouvoir réel, ministériel ou autre.  On va même jusqu'à dire que l'Ouest devrait se séparer!  Je ne les blâme pas. La situation est effectivement paradoxale...

Et que dire de Stéphane Dion, l'homme qui joue à la tornade avec le destin?  Le titre au bout des doigts, il pourrait toucher pendant quelques mois ce dont il n'a même pas pu rêver, il y a une saison à peine.  Je crois que Dion aurait fait un bon premier ministre...  Nous n'en saurons pas plus, malheureusement, que ces quelques mois. S'ils se concrétisent.

Et peut-être ne le saurons-nous pas du tout...  Que décidera Michaëlle Jean?  Aucun précédent pour lui permettre de juger. Abroger la session parlementaire?  Risquer de repartir en élection?  C'est dans ses souliers à elle que je ne voudrais pas me trouver. Les gars peuvent se tapocher dessus sur la glace, c'est ELLE l'arbitre...

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