21 octobre 2008

Ça commence raide...

L'automne commence sur une note Forte à l'Assemblée nationale du Québec.  La question de l'élection du président de l'Assemblée s'est transformée en crise de confiance et/ou de déchirage de chemise...  En effet, le ministre Fournier est sorti de ses gonds dans un acte théâtral digne d'une comédie de Molière. Il semblerait que le candidat présenté par le PQ ne soit pas celui qui ait été pressenti. Et le ministre de faire monter son lait sur les principes de la confiance, de la transparence, de la collaboration et de la négociation dans un gouvernement minoritaire.

Je suis d'accord avec lui sur le principe, et je n'en rirais pas autant si je savais la politique généralement propre et transparente. On s'emballe pour des principes quand on est soi-même blanc comme neige. Or, être en politique, c'est nécessairement être à l'aise avec un certain niveau de bullshit. Bref, ce premier acte donne le ton de la programmation de cet automne.  Le titre: Crise de confiance généralisée.  Je vous donne le punch, ça se termine par des élections...

15 octobre 2008

Ignatieff sur Dion

"Nous sommes des adultes majeurs et vaccinés. Nous allons prendre nos responsabilités, vous allez voir."

Dixit, l'homme à la AK-47, Iggy en personne, en réponse à Bernard Derome sur l'avenir de Dion.

Lendemains de veille

À 23:10, 145 députés conservateurs sont à 10 sièges d'une majorité. Les résultats de Colombie-Britannique entrent, la razzia de l'Alberta est passée. J'ai moins peur...Mais ce n'est pas fini.

J'ai par contre une petite pensée pour Stéphane Dion, je me demande s'il démissionnera demain matin ou s'il attendra un éventuel congrés du parti Libéral. On dit que 75 députés, c'est une marge fatale, 90 députés pouraient sauver votre peau. 75 Libéraux, c'est la mort de Dion, fort malheureusement.

Et Trudeau qui est toujours en avance dans Papineau....

Michael Fortier, so long...

Michael Fortier perd ses élections dans Vaudreuil-Soulanges. Une grande victoire pour la démocratie et un avertissement à tous les partis. On ne donne pas un ministère à un sénateur nommé pour l'occasion et donc ministre non-élu.  Condescendant de surcroit, Fortier n'a surtout pas compris que pour gagner le respect des électeurs, il faut déjà ne pas les prendre pour des débiles en allant promener ses pancartes devant les bureaux des adversaires.  L'appui donné par le maire de Montréal devrait surtout nous en dire long sur l'écoute dont bénéficie Gérald Tremblay à l'extérieur de l'île...  On a voulu nous faire peur en disant que nous n'aurions pas de ministre montréalais. Manifestement, ça en prend plus pour effrayer les gens de Vaudreuil.

Couverture web...

Un mot sur la couverture web à la SRC.

En émission d'avant match, un jeune homme commentait certains blogues dans ce qui se voulait une chronique web sur les blogues couvrant la campagne.  Est-ce une coïncidence? dans les quelques reportages de ce type vus à la SRC, on ne couvrait, intégralement, que des sites anglophones. Il y a tellement de sites francophones qui s'intéressent à la politique!  Est-ce que j'ai raté un épisode?  Un bureau de recherche de l'Université Laval a sondé les blogeueurs politiques au Québec pour mieux connaître la communauté et finalement on reste dans l'ombre...

Go Vivian!

À l'heure où l'on se parle, Vivian Babot, ma députée, tire de l'arrière sur Justin Trudeau, le fils de l'autre.  Après seulement 2 boîtes de scrutin, par contre.  À peine plus de 11 voix de plus que le Conservateur!  Un homme à peine capable de parler français.  Hé ben... L'attrait du nom, faut croire...

May battue contre McKay en Nouvelle-Écosse

La leader du parti Vert du Canada est battue, elle se présentait contre Peter McKay, ce qui en soi, était difficile à battre, il faut l'admettre. Dommage pour elle, elle a fait de bons débats et une belle campagne.  Je trouve un peu étrange par contre qu'elle ait prononcé son discours alors que le scrutin dans l'ouest n'est pas encore terminé...  Si je vis à Vancouver et que je vote vert, je me sens un peu "lâchée"...

Et si la tendance se maintient... Un gouvernement Conservateur. Mais on garde le suspense pour la majorité.  Par contre, avec 102 sièges à date (en comptant les candidats en tête), il n'en manque pas beaucoup pour arriver au chiffre magique de la majorité: les 155 députés.

Soirée électorale, Part I: les prévisions...

Et bien chers amis, bienvenue à la 2e édition de la soirée blogo-électorale!  Oui, quelques mordus de la politique s'installent devant un écran géant, avec bière et nachos, pour apprécier l'autre sport national canadien: les élections!  Un coup de génie en plus cette année: des élections un soir de pleine lune.  Espérons que nous n'élirons pas de loup-garou.

Sérieusement, oui, je suis allée voter pour autre chose que les Conservateurs, vous vous en doutiez...  J'ai par contre failli abandonner!  En effet, j'ai dû retourner au bureau de vote par 3 fois pour réussir finalement à prouver que je résidais bien dans mon comté...  Ayant déménagé récemment, aucune de mes pièces d'identité ne porte ma nouvelle adresse et mon bail jugé irrecevable parce que cédé (mon nom se trouve sur un contrat à part...).  Mais après présentation de mon compte d'Hydro, j'ai réussi à mettre mon x dans le bon cercle...

Alors, quelques prédictions?  Pas aussi mathématique que d'autres (comme MaZe), je pense quand même que les Conservateurs formeront un gouvernement minoritaire. J'ose espérer que les Libéraux performeront mieux que lors du dernier mandat et, comble du fantasme, peut-être aurons-nous un gouvernement de coalition?  Si les Libéraux et le NPD s'allient, nous aurions définitivement un gouvernement concerné par le financement des programmes sociaux, par l'environnement et par une culture pacifiste typiquement canadienne.

Alors, que prévoyez-vous?  Commentez!  Et bonne soirée...

09 octobre 2008

De l'importance du vote stratégique

Normalement et idéalement, une élection dans un pays dit démocratique tel que le Canada devrait permettre au citoyen de voter selon ses convictions et ses opinions pour le parti de son choix. Tel est le principe.  Dans la réalité, seuls deux partis –au niveau fédéral- peuvent aspirer à former le gouvernement: Libéraux ou Conservateurs. Le Bloc, le NPD, les Verts et les autres alimentent et enrichissent le débat. C’est leur rôle et un citoyen à toujours le droit de voter pour ces partis s’ils représentent mieux son opinion des enjeux politiques actuels ou de la politique en général. 

J’ai toujours voté selon mes convictions et ai toujours pensé qu’un vote “pour la chaise” était quand même un vote, puisqu’il faut quand même croire au processus pour prendre la peine de venir dire sur papier qu’on annule son vote. (Oui, je sais, plusieurs votes sont annulés parce que le X est mal écrit. Vous savez que ce n’est pas ce dont je traite ici.)

Encore quatre ans de Conservateurs, c’est changer le visage du pays pour le vieillir.  Rigidité des valeurs traditionnelles, esprit de non-interventionnisme de l’État en matière de politiques familiales, sociales, culturelles et même commerciales (l’État, je vous le rappelle, c’est vous et moi qui décidons où va notre argent), froideur dans les relations internationales (on fait la guerre pour imposer des valeurs au lieu de miser sur la coopération à long terme) et laisser-aller environnemental. Mais aujourd’hui, dans cette campagne, un vent est en train de changer.  L’attitude récente de Harper en ce qui a trait à la crise financière actuelle (nonobstant que l’on considère cette crise créée de toute pièce ou réèllement menaçante) prouve au moins la volonté de non-intervention des Conservateurs.  Rien pour rassurer. Aussi, suite aux débats assez corrects de Dion, et parce que sa personnalité peut parfois être sympathique et engageante, plusieurs électeurs indécis sentent pencher leur balance personnelle vers le seul parti capable de battre les Conservateurs. On voit donc les Libéraux remonter dans les sondages et certains commencent à penser à un gouvernement Libéral minoritaire, ce qui est un peu prématuré à mon avis, mais qui me remplit tout de même d'un espoir fou (wow, qui eut cru que cela m'arriverait avec les Libéraux?) (Voir La Presse du 9 octobre)

Donc, si vous avez la chance d’être dans un comté où les Conservateurs sont talonnés par le Bloc ou les Libéraux, et si ces partis représentent (en partie) vos valeurs, n’hésitez pas: votez stratégique contre les Conservateurs le 14 octobre.

08 octobre 2008

Chronique cinéma

Au cinéma, mes ambiances récentes m’ont emmené vers deux films qui, à leur manière, traitent de certaines errances intérieures avec, en trame, la force des liens familiaux et le pouvoir de l’instinct de survie. Pas de grandes envolées lyriques avec violons et images somptueuses, mais la simplicité qui laisse toute la place aux talents des interprètes et aux émotions des histoires.

54a7009ad59007496d09c122e163f808.jpgSur le grand écran, c’est Il y a longtemps que je t’aime, de Philippe Claudel avec Kristin Scott-Thomas qui m’a transporté dans cette ambiance. Une femme incarcérée pour meurtre depuis 15 ans sort de prison et tente de retrouver une vie et un équilibre dans la famille de sa jeune soeur. Un peu à la Chabrol, Claudel laisse toujours planer le doute sur l’équilibre mental du personage et on attend toujours la tuile qui tombera, jusqu’aux 15 dernières minutes. Mais plein d’une retenue et d’une subtilité qui donne au film toute sa douceur et sa tension à la fois, sans racoler, on est pris par la fragilité du processus de réconciliation entre les deux soeurs et la lenteur du retour à la vie du personnage principal. Un très beau film, sensible et censé.

La coïncidence des thèmes est née du film vu à la télé ce soir, The beautiful country. Je n’avais jamais entendu parler de ce film et si ARTV ne l’avait pas diffusé, il serait passé sous le radar. Co-produit par Terrence Malick, le film raconte l’histoire d’un métis vietnamien/américain, déconsidéré dans son pays “parce qu’il a le visage de l’ennemi”. Son histoire est celle de beaucoup de “boat people”, venus en Amérique pour trouver qui la richesse, qui sa famille, vendus aux plus cupides pour passer la traversée. Mené par l’espoir fou de retrouver le père Texan qu’il n’a pas connu, le personnage traverse des distances physiques et mentales infranchissables pour la vaste majorité d’entre nous. Encore une fois, le dernier 20 minutes du film, d’une grande tendresse dans les gestes et les non-dits, n’est qu’un aboutissement qui récompense la traversée…

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