29 août 2008
Faire rêver, faire avancer

Je ne sais toujours pas quoi penser du Sénateur Barack Obama. Mais après le discours lumineux livré hier devant 80 000 personnes, il m'apparaît moins froid et propret. Surtout très idéaliste. Les idéalistes sont capables du pire et du meilleur. Ceux qui ne savent que parler amènent déception et cynisme. Les quelques rares qui ont su passer de la parole aux actes ont réussi de grandes choses pour l'évolution de l'homme...
Les formules percutantes et les promesses qu'Obama a exprimées dans son discours font rêver... "Let the Republicains own their failure" ou "Let us show that we won't accept the next four years to be like the past eight ones" ou encore "It’s not because John McCain doesn’t care, it’s because John McCain doesn’t get it". En se positionnant en champion de la classe moyenne et en établissant que le patriotisme n'a rien à voir avec l'orientation politique, Barack Obama remet clairement en place la différence idéologique entre Républicains (droite) et Démocrates (gauche). "We are the party of Roosevelt and JF Kennedy!", a-t-il dit, comme pour expliquer par métaphore l'orientation "socialiste" du parti. Des passages éloquents comme: "There's a way to make the 2nd amendment real without having AK 49 on our streets!" ou "with the republican system, no matter what, you're on your own" évoquent la frustration de huit ans de régime Bush et soulèvent un sentiment cathartique de devoir se révolter contre un état de choses devenu insoutenable. Ce à quoi la foule présente réagissait avec enthousiasme.
Éducation et système de santé universels, dignité pour les vétérans et les malades, création d'emploi dans les domaines de pointe d'efficacité énergétique et promesse que d'ici 10 ans, l'Amérique ne dépendra plus du Moyen-Orient pour son approvisionnement en énergie. Rien de moins. La plupart de ces promesses sont des réalités (même imparfaites) ou des projets en cours dans plusieurs pays occidentaux. Aux USA, ils relèvent presque du monde d'Utopia. Je me suis parfois surprise à penser qu'Obama pourrait être victime d'un attentat. Comme dit Rage against the machine: "They gave the power to the have-nots, and then came a shot."
Mais la plus grande chose qu'Obama promet, c'est de mobiliser les Américains pour faire renaître, dans leurs communautés, la promesse qui est fondatrice de cette nation: la valorisation de la liberté, de la dignité, du travail, de l'initiative personnelle et l'appui solidaire aux plus faibles. C'est un beau rêve. Il pourrait devenir réalité.
16:30 Publié dans Actualité, Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Politique, USA, Obama, démocratie, élections
27 août 2008
Une minute de réflexion, svp
Transmis ce matin par une collègue... Est-ce un réèl sondage? Peu importe.
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Le mois dernier, un sondage a été mené à l'échelle mondiale par l'ONU.
La question était : "Veuillez, s'il-vous-plaît, donner honnêtement votre opinion sur d'éventuelles solutions à la pénurie de nourriture dans le reste du monde".
Le sondage fut un échec retentissant :
En Afrique, personne ne comprit ce que signifiait "nourriture".
En Europe de l'Est, personne ne comprit ce que signifiait "honnêtement".
En Europe de l'Ouest, personne ne comprit ce que signifiait "pénurie".
En Chine, personne ne comprit ce que signifiait "opinion".
Au Moyen-Orient, personne ne comprit ce que signifiait "solution".
En Amérique du Sud, personne ne comprit ce que signifiait "s'il-vous-plaît".
Aux États-Unis, personne ne comprit ce que signifiait "le reste du monde".
15:42 Publié dans Actualité, Politique - Société - Monde, Réflexions | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : crise alimentaire, politique, monde
Si la tendance se maintient...
...il y aura des élections à l'automne. C'est de plus en plus clair, et on ne risquera pas des élections partielles dans deux semaines si un scrutin général doit se tenir en octobre... Attendez-vous à une campagne électorale fédérale pour la rentrée. Nous reparlerons des enjeux de cette campagne dans une prochaine chronique.
Justement, le billet de Stéphane Laporte nous donne à réfléchir au moment où on voudra nous vendre le beau et grand et officiellement bilingue "plus-meilleur-pays-du-monde". C'est un billet humoristique, mais il y a dans son fond la petite croûte d'exzéma qui pique toujours... Lisez et commentez!
15:32 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Canada, Québec, politique, francophonie, Ottawa, Stéphane Laporte
05 août 2008
Le Russe qui ne fut pas prophète en son pays
89 ans d'écriture et de dissidence.
Alexandre Soljenitsyne n'était probablement pas homme à chercher l'harmonisme à tout prix, ni le compromis qui sauverait sa peau. Emprisonné sous le régime stalinien puis exilé par son propre pays (alors que tant de gens cherchaient à le fuir!), l'auteur qui a fait connaître au monde -et aux Russes- les horreurs des goulags s'est éteint dans le silence...
Exilé aux États-Unis (et brièvement de passage au Québec comme nous l'apprend ce texte du NYTimes), Soljenitsyne n'attendait, reclus dans le Vermont (loin des "dépravations" de l'Occident), que le moment de revenir à sa Terre russe, pour lui dire un peu mieux qui elle est, comment elle pourra se sauver elle-même. Paradoxalement, Soljenitsyne était considéré ces dernières années comme un auteur un peu dépassé en Russie. Sa fresque historique La Roue Rouge, magnifique, soulève une boue que certains auraient préféré laisser dormir...
Souvent comparé à un Tolstoï moderne, Soljenitsyne se démarque par une volonté de montrer à l'homme qu'il a lui-même le pouvoir de changer son existence, de réclamer sa propre justice face à l'opression. Un bel héritage, à redécouvrir.
15:50 Publié dans Actualité, Livre, Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : littérature, Alexandre Soljenitsyne, Russie, URSS, goulag, Québec
01 août 2008
Mais voui, vous êtes libres!
Pas une grosse lectrice du Wall Street Journal. Mais si ma Presse m’y mène, je peux y lire des trucs fascinants et nécessaires, comme cet article qui me révolte, même s’il ne me surprend pas…
Wal Mart, le plus gros employeur aux USA –et le plus gros toutte*, point- est bien connu pour son encadrement de ses employés… (Nous, on prend soin de vous! Une hausse de salaire? Mais on ne pourrait pas se le permettre et tout le monde perdrait son emploi, comprenez… Pas besoin de syndicat avec des boss aussi paternalistes! Ben voyons… ) On apprend donc que la méga corporation sensibilise ses employés aux réalités des ambitions politiques de la Force Obscure, j’ai nommé, les Démocrates!... En effet, ces derniers planchent actuellement sur un projet de loi (Employee Free Choice act) qui, si Obama est élu, pourrait bien obtenir les appuis qui lui manque au Sénat.
J’imagine et caricature un brin les discours entendus… Ces socialistes veulent passer une loi qui vous permettra de joindre plus facilement les rangs des syndicats! C’est MAL! Cela entraînera des coûts pour l’entreprise et donc des frais pris directement sur vos salaires! (qui sont déjà maigres, chez WM) Loin de nous l’idée de vous influencer dans votre choix de candidat, on veut pas vous dire pour qui voter, mais il fallait vous avertir! Vos jobs sont en péril…
La réalité est surtout que l’adhésion aux syndicats est en chute libre aux USA. Ce pays où la solidarité communautaire fait pourtant office de loi non-écrite reste néanmoins anormalement frileux devant des intiatives et programmes sociaux qui sont la norme dans la plupart des pays industrialisés… L’entreprise privée américaine est massivement opposée à ce projet de loi. Les syndicats actuellement en place critiquent fortement les politiques parfois abusives des entreprises privées à l’endroit de leurs employés. En tentant de se donner meilleure presse (sincèrement ou non), les entreprises créent un affrontement qui n’est pas sans rappeler les débuts du mouvement syndical. Cette fois, l’enjeu du financement des partis politiques est une plus grande variable de l’équation. Wal Mart par exemple, finance les Démocrates presqu’autant que les Républicains, une nouveauté dans leur cas…
On voit ici l’apparent manque de sincérité de cette démarche dans la tentative de Wal Mart de faire elle même l’éducation politique de ses employés, elle qui est partie prenante de la problématique… Si le citoyen veut voter, c’est à lui de démontrer son intérêt et d’être libre de poser les questions qui s’imposent. À son employeur, s’il le faut!
*Pour nos amis de la francophonie, au Québec, pour donner au mot “tout” un sens encore plus total, on double le t final. Le e est facultatif, mais prononcez à voix haute et constatez l’effet…
20:54 Publié dans Actualité, Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Politique, USA, Wal Mart, syndicat, démocratie






















