« 2008-01 | Page d'accueil | 2008-04 »
19 février 2008
De la poésie de Richard D.
C'est pas moi qui le dit, c'est Foglia dans La Presse d'aujourd'hui... Suite au top 50 des albums québécois paru dans le même journal la semaine dernière.
Ouf. Rien de moins. Pas Félix, pas Vignault, pas Claude Léveillé... Encore trop franco-international? C'est vrai que si Richard Desjardins fait moins l'unanimité, sa poésie demeure totalement originale, enracinée dans le terroir d'Abitibi. Perso, j'ai beau être une fan finie de Desjardins, j'ai toujours un problème avec les hiérarchies...
19:19 Publié dans Actualité , Arts , Culture , La vie tout court... , Médias | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Québec, musique, Foglia, Richard Desjardins
Il s'en passe des choses dans le monde...
Hé ben, c'est finalement arrivé... Il le fallait bien, c'est la vie, la mort et l'ordre des choses: Fidel Castro se retire de son poste de Leader Maximo. Qui prendra la relève? Fort probablement son frère Raul, que certains considèrent pire que l'aîné, alors que d'autres croient son discours de réforme "libérale". Reste qu'aux dernières nouvelles, il y a encoe un embargo des USA sur Cuba et les Cubains nous étonnent encore par leur capacité au bonheur dans un contexte politique et civique douteux. Ça doit être le soleil, la mer, les mangues...
Et un exemple pour les petites nation: le Kosovo déclare son indépendance. Appuyé immédiatement par les États-Unis (bizarre, il soit s'être tramé quelque chose...), le nouveau pays semble être accueilli chaleureusement, sauf par la Serbie et la Russie, qui en déchirent leur chemise en sollicitant d'urgence le conseil de sécurité de l'ONU... Mais ce qui est vraiment comique dans cet événement, c'est le ballet diplomatique de l'Espagne et du Canada entre autres. Tous les deux concernés par une région ou une province où le mouvement d'affirmation nationale est fort, ils patinent allègrement pour nous spinner une position acceptable sur la scène mondiale et qui n'aurait pas l'air de sanctionner les mouvements indépendantistes catalans ou québécois.
Comme quoi l'histoire n'a pas terminé sa course. Tant qu'il y aura des hommes sur sa route, elle continuera d'avancer.
19:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Canada, Kosovo, Castro, politique, Russie, Cuba
18 février 2008
Débat de langues
Sergio Kokis et Pauline Marois (à tout le monde en parle) s'obstinent et discutent de la qualité du français au Québec.
Kokis: Si la qualité de la langue baisse, c'est de la faute des Québécois! Les immigrants apprennent le français rapidement et le parlent mieux! Je crois que la qualité de la langue au Québec est bien inférieure à celle qui est parlée en France. C'est une question de respect. Si vous ne vous respectez pas vous-même, personne ne le fera!
Marois: Laissez-moi vous expliquer. C'est une langue différente!
Kokis: Madame, écoutez-vous TVA??
Marois: hahaha, oui. Mais il faut bien savoir que les Québécois n'ont pas toujours été chanceux. Ils n'allaient pas à l'école avant les années soixante! Ils n'étaient pas scolarisés. Nous arrivons de bien loin!
Kokis: Et moi, je n'arrive pas de loin?? (Kokis est Brésilien) Et est-ce que ça signifie qu'il faut continuer à être médiocre?
Kokis a un bon point... Le débat sur la nature du Français d'ici est peut-être un peu vieux, mais les efforts faits par les immigrants pour s'intégrer et apprendre une langue dont nous nous disons fiers valent bien que nous soyions aussi soucieux de la qualité de notre expression. Les excuses imbéciles de Marois mettent en lumière non seulement sa condescendance envers les Canadiens-Français d'antan, mais la nécessité viscérale que nous éprouvons -puisqu'une de nos dirigeants le fait- de devoir nous excuser, nous cacher derrière de "bonnes" raisons, de nous traiter au fond, encore une fois, comme des victimes. Est-ce un réflexe de boomer? Madame Marois met peut-être inconsciemment dans ses paroles son propre vécu. Mais elle évacue surtout toute l'élite canadienne-française qui a contribué à développer la société qu'elle aspire à diriger. Et dans ce contexte, sa position actuelle sur l'enseignement de l'anglais langue seconde (nonobstant les enjeux réels de cette question) relève du déni. Rien de ce que dit cette femme n'est conséquent, et chacun de ses arguments pour justifier ses positions est du plus élémentaire sophisme...
Rien d'étonnant à ce que notre débat schyzophrène sur la langue, l'identité et l'immigration tourne en rond.
04:32 Publié dans Culture , Médias , Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
12 février 2008
Comment devrais-je titrer cette chronique?
Le New York Times est habituellement reconnu pour son chic journalistique, ses bonnes manières à l'écrit et sa retenue dans ses propos. Je suis donc un peu bouchée ce matin de lire cet éditorial, intitulé Death is too good. Dans lequel l'équipe éditoriale du quotidien se positionne clairement en faveur de la peine de mort pour six détenus de la prison de Guantanamo. L'un d'entre eux aurait affirmé/admis/avoué (mais au fond, qu'est-ce qu'on en sait vraiment...) qu'il était au coeur de la planification des attentats du 11 septembre 2001.
À en croire les éditorialistes new yorkais, la mort de ces détenus serait quasi garantie et serait surtout amplement souhaitée par une majorité de gens...
Death so ordered by law.
Burn in hell!
The evidence of 2,974 families grieving, a city that was left in turmoil, a world changed forever. And, when guilt is documented, justice is limited to only one punishment for the barbaric murderers who deserve far worse:
Die, you bastards!
Presque 3000 personnes, c'et beaucoup. Oui, le monde a changé depuis, mais surtout parce qu'on a accepté de suivre ce que nos dirigeants nous ont imposé: la peur. Combien d'Américains ont participé à la mort de combien de gens dans combien de pays marqués par des guerres civiles souvent financées par les grandes puissances de la Guerre Froide? Quoi, eux c'est pas pareil? C'était pas une guerre idéologique? Et puis les six détenus en question, en tant que martyrs d'Allah, ne sont-ils pas en train de se contruire la porte de sortie dont ils ont toujours rêvé? Qui joue le jeu de qui, ici??
Mon argument est surtout que la barbarie de la peine de mort n'est plus un argument. Ni en général, ni en particulier pour le cas qui m'occupe. Les humains ont-ils autant besoin d'un défouloir??
Pourquoi ne pas déménager La prison de Guantanamo dans Ground Zero?
19:30 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Guantanamo, New York times, politique, peine de mort
11 février 2008
Des thèmes lourds dans le cinéma québécois
Deux films sortent ces jours-ci sur les écrans du Québec. Les thème traités par ces films méritent l'attention, entre tous les films légers et sans grande portée que notre cinéma nous offre habituellement, Borderline et Tout est parfait tentent une percée pour élargir au grand public des sujets souvent réservés au cinéma d'auteur hermétique. Le suicide, l'automutilation, la folie, la pulsion de mort ou de survie, l'amour et ultimement, l'estime de soi.
Tout est parfait traitera du suicide chez les adolescents. Abordés lors de Tout le monde en parle ce dimanche, les deux créateurs du film (Yves-Christian Fournier et Guillaume Vignault) ont voulu souligner la nécessité de ce film pour des jeunes qui seraient susceptibles de passer à l'acte: "le film montre un personnage qui choisit la vie, qui lui donne un sens", l'animateur poursuit (adaptation libre): "j'ai vu 150 personnes en larmes, effondrées, aux funérailles d'une jeune fille de 14 ans. Peut-être ne serait-elle pas partie si elle avait constaté la peine de masse qu'elle avait suscité". J'ai instantanément songé à mon ami Alexandre, parti à 19 ans. Oui, c'est ça: une centaine de personnes, dans une église, qui s'effondrent tous de désarroi devant une petite urne censée protéger ce qui reste de notre ami. Bizarre, j'avais pensé à lui aujourd'hui: c'est lui qui m'avait donné la vraie piqure de la photo. J'ai ai fait toute la journée. Et puis cette entrevue... L'absurdité, c'est que le film est interdit au moins de 16 ans, qui sont le vrai public cible du film. J'espère que le film provoquera les prises de conscience qu'il mérite.
Borderline (adapté de Borderline et La Brèche, de Marie-Sissi Labrèche) aborde un sujet sans doute moins lourd que la mort, mais tout aussi tortueux et torturé: ce qu'on pense mériter de l'amour, comment on entre en relation, comment on transcende notre souffrance. Pour Kiki Labrèche, c'est l'écriture: le processus est pénible, mais le désir de résilience est là. Elle vient d'un milieu difficile, pas de figure masculine modèle, une mère psychiatrisée, des pulsions sexuelles auto-destructrices accompagnées de troubles d'automutilation. Incapable de se laisser aimer, son truc à elle, c'est se faire défoncer par un homme qui ne voit en elle qu'une fantaisie de chambre d'hôtel. Pas que le sexe cru soit négligeable, mais le propos est limpide dans la scène où la lenteur d'un gars tendre et doux la rend presque nerveuse. "Aimer, pour moi, c'était ouvrir les cuisses à l'infini", comme la seule preuve d'attention à obtenir: tant qu'on ne te rentre pas dedans, tu n'existe pas. Et pourtant... "Je suis un danger privé", dit-elle, dans une séance de sex-addicts anonymes. Au-delà de ses multiples qualités filimiques (casting de Première Classe, flash-backs simultanés, mots en filigranes, trame sonore...), le film parlera à plusieurs: aux amochés de la vie affective, à ceux qui doutent d'eux-mêmes, aux mères-filles aux relations tordues, aux solitaires qui voudraient bien, mais ne savent pas s'abandonner...et à cette petite personne en chacun de nous qui croit qu'il ne vaut pas la peine qu'on s'occupe de lui. Un film beau parce qu'il est vrai, sans émotions ou larmes faciles.
04:42 Publié dans Actualité , Culture , Film , Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : cinéma, Québec, Tout est parfait, Borderline, suicide, résilience, psychose




















