« Comment devrais-je titrer cette chronique? | Page d'accueil | Il s'en passe des choses dans le monde... »
18 février 2008
Débat de langues
Sergio Kokis et Pauline Marois (à tout le monde en parle) s'obstinent et discutent de la qualité du français au Québec.
Kokis: Si la qualité de la langue baisse, c'est de la faute des Québécois! Les immigrants apprennent le français rapidement et le parlent mieux! Je crois que la qualité de la langue au Québec est bien inférieure à celle qui est parlée en France. C'est une question de respect. Si vous ne vous respectez pas vous-même, personne ne le fera!
Marois: Laissez-moi vous expliquer. C'est une langue différente!
Kokis: Madame, écoutez-vous TVA??
Marois: hahaha, oui. Mais il faut bien savoir que les Québécois n'ont pas toujours été chanceux. Ils n'allaient pas à l'école avant les années soixante! Ils n'étaient pas scolarisés. Nous arrivons de bien loin!
Kokis: Et moi, je n'arrive pas de loin?? (Kokis est Brésilien) Et est-ce que ça signifie qu'il faut continuer à être médiocre?
Kokis a un bon point... Le débat sur la nature du Français d'ici est peut-être un peu vieux, mais les efforts faits par les immigrants pour s'intégrer et apprendre une langue dont nous nous disons fiers valent bien que nous soyions aussi soucieux de la qualité de notre expression. Les excuses imbéciles de Marois mettent en lumière non seulement sa condescendance envers les Canadiens-Français d'antan, mais la nécessité viscérale que nous éprouvons -puisqu'une de nos dirigeants le fait- de devoir nous excuser, nous cacher derrière de "bonnes" raisons, de nous traiter au fond, encore une fois, comme des victimes. Est-ce un réflexe de boomer? Madame Marois met peut-être inconsciemment dans ses paroles son propre vécu. Mais elle évacue surtout toute l'élite canadienne-française qui a contribué à développer la société qu'elle aspire à diriger. Et dans ce contexte, sa position actuelle sur l'enseignement de l'anglais langue seconde (nonobstant les enjeux réels de cette question) relève du déni. Rien de ce que dit cette femme n'est conséquent, et chacun de ses arguments pour justifier ses positions est du plus élémentaire sophisme...
Rien d'étonnant à ce que notre débat schyzophrène sur la langue, l'identité et l'immigration tourne en rond.
04:32 Publié dans Culture , Médias , Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
Tout à fait d'accord!!! Cette réflexion de madame Marois est méprisante pour les québécois. Par contre, si je trouve que le français moyen a un vocabulaire plus varié que le québécois lambda, je ne pense pas qu'il vénère tant la langue... Anglicismes et argot font autant de dommages/évolution!!! Le français parlé au Québec est le fruit d'une histoire propre aux habitants de ce pays et les immigrants sont là pour enrichir la langue de LEURS connaissances, leur vocabulaire, leurs expressions... mais pas pour juger de sa qualité...
Ecrit par : Danielle | 18 février 2008
À mon sens, les deux protagonistes n'ont pas su user des bons arguments.
En ce qui concerne le passé, les quelques chanceux qui pouvaient aller à l'école savaient très bien écrire et parler après moins de dix ans d'école.
Nos jeunes sortent de l'université sans maitriser leur langue. C'est ça le scandale. À croire qu'en instruisant plus de gens, il faut nécessairement abaisser le niveau.
Accent Grave
Ecrit par : Accent Grave | 19 février 2008
C'est effectivement ça le plus gros problème... mais il est trop gros pour une Chef de l'opposition/ex-Ministre de l'éducation qui passe à TLMEP.
Comme disait un de mes profs, "Il faudrait faire couler le bateau"...
Ecrit par : Éliane | 19 février 2008




















