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21 novembre 2007
Sénilité
Dans La Presse d'aujourd'hui, on publie une lettre que le Cardinal Marc Ouellet, chef de l'Église catholique au Canada, a fait publier pour signifier à la population catholique canadienne (et québécoise en particulier) sa désolation devant l'indifférence, le racisme, la xénophobie, la discrimination et les agressions sexuelles commis par l'Église et certains membres.
Comme le dit Patrick Lagacé, de bien belles guirlandes pour cacher la vue du message réèl du Monseigneur: "Québec, qu'as-tu fait de ton baptême?" Récemment, à la commission Bouchard-Taylor (devenue un grand foutoir de lavage de linge sale en public), Mgr Ouellet adressait cette question aux commissaires avec, en filigrane, son propre éditorial sur les valeurs catholiques qui seraient au coeur de l'identité québécoise et de son histoire. Tel un troupeau de brebis perdues, nous errons dans la modernité permissive, sans valeurs fondatrices et sans direction spirituelle. L'école québécoise, creuset traditionnel de l'aprentissage des valeurs catholiques et devenue aujourd'hui institution laïque, perd une partie de son rôle social, selon lui.
À l'émission Second Regard (SRC), Alain Crevier interviewait Mgr Ouellet sur cette déclaration en lui demandant:"Et si les Québécois vous disaient que cette voie spirituelle ne correspond plus à leurs vies qu'il ne veulent vraiment plus des valeurs de cette institution dans leur vie?" Incapable de faire face à cette vérité (vraie pour une bonne partie de la population, du moins), le Cardinal se repliait dans son argumentation en invoquant un retour de balancier plus ou moins lointain.
Et nous voilà aujourd'hui, avec cette lettre qui, sous des allures d'excuses aussi hypocrites que retardataires (et qui d'ailleurs, ne sont pas entérinées par l'assemblée des Évêques du Canada), sert de propagande prosélytiste à un curé en mal de missionnariat.
La vraie question est donc, je crois, la suivante: Pour nous, la laïcité, est-ce un choix conscient de citoyens réfléchis? Ou est-ce la porte de sortie que nous avons empruntée parce que déçus des agissements des représentants de l'Église?
Peut-être que Ouellet recevrait des réponses plus intéressantes et plus éclairantes s'il posait la question: "Québec, qu'as-tu fait de ta foi?" "Nous l'avons perdue parce que nous sommes déçus de vous." "Nous l'avons écartée parce que des valeurs imposées et passéistes, nous n'en voulons plus." "Nous pratiquons toujours parce que les gestes d'amour posés nous soulagent un peu de la rigidité conservatrice de l'institution."
Personnellement, Mgr Ouellet, la laïcité des institutions et de l'école n'est pas qu'une option. C'est dans l'ordre des choses. Parce que la foi que vous me demandez d'avoir, je ne l'ai jamais eue... Mon identité québécoise n'en dépend donc pas.
19:10 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Québec, Foi, Église, Cardinal Ouellet
17 novembre 2007
Une lourde peine
La position de Stephen Harper en matière de peine capitale m'a toujours semblée floue... Comme si j'avais l'impression qu'au fond, si ça n'en tenait qu'à lui, il la rétablirait sans doute.
C'est la position de beaucoup de gens d'ailleurs, qui n'en parlent pas trop. Pas très politically correct. Mais le test d'opinion que Harper est en train de faire passer au grand public devrait nous faire allumer: si un retour à la peine de mort au Canada est peu probable, le traitement des Canadiens à l'étranger ayant commis un acte passible de mort semble, lui, plus arbitraire que jamais.
C'est l'exemple du cas de Ronald Allen Smith qui soulève le débat. Ce Canadien condamné aux États-Unis pour meurtre attend la peine de mort. Ses avocats ont demandé au gouvernement canadien une commutation de sa peine en emprisonnement à perpétuité. Par le passé, le Canada était toujours prompt à demander ce type d'accomodement pour ses citoyens. Mais cette fois, le ministre Bernier ferme la porte. Pourquoi? Après avoir expliqué que les décision du gouvernement en la matière concernait un cas "unique", Bernier déclare que son gouvernement n'essaierait pas «activement de rapatrier les meurtriers au Canada après qu'ils aient été condamnés dans un pays démocratique et primauté du droit[sic]». (La Presse)
Bon. La porte est ouverte à toutes les zones grises. S'il est indéniable que les USA entrent dans la définition du Ministre (quoiqu'on en dise), la situation ne sera pas toujours aussi claire. Les crimes commis pourraient-ils aussi être une variable de l'équation? On est condamné à mort pour trafic de drogue dans certains pays, pour moins encore dans d'autres... Et monsieur Harper reste juge au sommet de la validité de la cause. Il faudra être vraiment innocent!
Mais surtout, le fond de cette question est que le Canada ne rejette plus le principe de la peine capitale avec autant de fermeté qu'auparavant. C'est ce qui me fait peur. La résolution de l'ONU sur un moratoire de ce type de peine est sobrement appuyée par le Canada, alors qu'on aurait attendu davantage de la part d'un pays dont la carte de visite est la défense des droits et libertés des individus, et surtout de la dignité de la vie au-delà des actes humains. Je trouve toujours d'un cynique désolant que beaucoup de ceux qui se disent "reborn" sont parmis les défenseurs les plus ardents de la peine de mort.
Mais ce qui me fait le plus peur, c'est que ce changement d'attitude ne fasse pas davantage scandale... Dois-je en comprendre que nous somme vraiment plus favorables à la peine capitale que nous ne le laissons voir? Ou n'est-ce qu'une question d'indifférence ambiante? 2e option j'espère... On en sort plus facilement.
03:11 Publié dans Politique - Société - Monde | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Canada, politique, peine, mort, Ronald Allen Smith
06 novembre 2007
À souligner
20 ans déjà.
Je me souviens d'une grande ambiance de tristesse à la mort de René Lévesque... Comme si quelque chose d'indéfinissable était mort aussi. Peut-être peut-on mieux mettre le doigt, aujourd'hui, sur ce qui est parti avec lui: l'âme du mouvement souverainiste.
C'est d'autant plus frappant au visionnement du documentaire biographique qui était diffusé dimanche sur Télé-Québec. À une époque où tout était à faire et où l'on se badrait moins de ce qui est politiquement correct ou accomodant, peut-être était-il plus simple de satisfaire une majorité qui visait les même buts.
Le vide laissé depuis la mort de Lévesque nous donne la mesure de notre cynisme ou de notre désintérêt face à la politique et aux questions de société. L'époque de Lévesque éveillait-elle des questions si essentielles qu'on avait pas besoin d'être maniaque de politique pour les suivre? Le fait de vivre, de travailler, d'étudier et de commercer dans sa langue, de créer des structures qui correspondent à ce que l'on est, là où il n'y avait que vide ou patronage... Peut-être est-ce trop facile d'idéaliser les années 60 et 70, où tout était à faire.
Léo Ferré dit: "Nous vivons une époque épique, et nous n'avons plus rien d'épique." Des tâches aussi énormes attendent les citoyens modernes. Elles sont plus difficiles parce que plus abstraites. Elles demandent à chacun d'avoir une perception plus "collective", plus globale du monde. De quel type de leader avons-nous besoin?
Je ne suis pas certaine que nous reconnaîtrions un nouveau René si nous l'avions en plein visage...

22:00 Publié dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note




















